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Visar inlägg från juni 1, 2019

Comédies romantocs

Les comédies romantiques sont presque toujours des produits conçus pour un besoin spécifique, selon des normes de fabrication standardisées, tout au moins de l’autre côté de l’Atlantique. Il s’agit donc rarement de bon cinéma. Malheureusement, nous subissons en Europe la mauvaise influence de nos cousins pionniers, sans toutefois y succomber tout à fait. Prenons quelques exemples français, anglais et un exemple allemand. Si cette lecture vous fatigue, faites une pause et regardez un de ces films sans le son. L’Amour dure trois ans (2010). Si le bouquin de Beigbeder m’a fait bâiller, c’est sans doute parce que l’amour, chez moi, dure trois semaines. Mais son film m’a amusé. Il s’est fait aider par trois compères pour écrire le scénario. Le personnage principal tente de se suicider à la suite de son divorce «  J’ai vu toute ma vie défiler…c’était d’un chiant  ». Et puis quelques erreurs de l’écrivain ? «  C’est quoi cette envie de pronoms personnels, MA femme, ...

Prêches battus en brèche

Je me suis toujours méfié des prédicateurs de tous poils, en chaire, à la tribune, sur l’estrade : ils ont la langue délièe et la main leste.   Leap of Faith (1992). Un prêtre ambulant et son équipe organise des grand-messes du miracle. On observe dans les coulisses toutes les combines et la machinerie qui permettent d’abuser les abrutis du Midwest. Finalement, il se produira un vrai miracle et le faux prête Steve Martin trouvera sa rédemption tandis que le film cherchera son sens. Si on exclut les messages en filigrane tels que « respectons Dieu et les gens simples », « l’amour et l’espoir sont partout », le film se laisse voir. Mais faire fi de messages mièvres et convenus n’est pas chose aisée pour un spectateur doué de raison. En outre, Steve Martin n’a ni le feu d’un illuminé ni l’ambiguïté d’un charlatan. Il aurait fallu un Robert Duvall, ou bien Seymour Hoffman qui a un petit rôle dans le film mais qui était trop jeune à l’époque, et trop mor...

Cowmédies

Les comédies western sont une denrée rare de nos jours mais elles furent prisées, jusqu’en URSS ; malheureusement, je n’ai pas retrouvé les comédies eastern vues par hasard et désœuvrement sur le net. En voici une toutefois : Friend among strangers, stranger among friends (Svoy sredi chuzhikh, chuzhoy sredi svoikh - 1974). Ce film qui vous fera perdre deux heures de votre précieuse existence. Mikhalkov, auteur des très beaux Oblomov (1980), Les Yeux noirs (1987),   Urga (1991) et Soleil trompeur (1994), a comme tout grand chef à ses débuts, raté sa soupe. La longueur du titre rappelle d’ailleurs le nom prétentieux d’un plat nouvelle cuisine. Et le film lui-même, western-borchtch tout aussi interminable que son titre, évoque par ses ingrédients le célèbre potage russe : fenouil, betterave, radis noir et concombre. Et si ce n’était Milkalkov, on prendrait le metteur-en-scène pour un authentique cornichon russe. C’est donc une soupe froide, un eastern inspiré des w...

Le glaive contre le sabre

Il doit être malaisé d’enquêter sur des meurtres en milieu militaire. D’abord parce que les soldats sont payés pour tuer, c’est bien connu, et puis aussi parce qu’ils sont tous habillés pareil. - Vous pouvez décrire l’assassin ? - Il avait une veste kaki, un béret rouge et des rangers noires. - Ah ? Et il était armé ? En tout cas le genre a fait florès aux États-Unis. L’aéropage militaire et la gloriole « stars and bars » fascine la clientèle Midwest. Et puis si beaucoup d’enquêtes sont conduites dans sa périphérie, la caserne reste en tant que trope conceptuel, un milieu propice à l’investigation, arcanes opaques d’un pouvoir parallèle (opaque, camarade, opaque camarade, opaque, opaque, opaque...). Voici quelques échantillons dans l’ordre chronologique. The Night of the Generals (1967) d’Anatole Litvak, l’Ukrainien exilé, sur un scénario de Kessel et une idée de Chase. Omar Sharif, officier allemand, enquête dans la Wehrmacht pendant la deux...

Ne tombez pas dans le gay tapant

L’inconnu du lac (2013) Il y a un lac, un sous-bois et des homos. Un film sur des gays qui se rencontrent autour d’un lac ou dedans. L’un d’eux est un assassin, un autre est un gros homo dilettante, un autre un flic sans personnalité et le personnage principal, qui joue honorablement, a l’air de s’emmerder à mourir, exactement comme le public hétéro et même le public zoophile. Le seul comique de l’affaire est un type qui essaye de se masturber en regardant les autres dans leurs ébats. Pas facile d’être homo, soit ; pas facile de se taper une tarlouze au bord d’un lac, certes ; mais surtout pas facile de se taper un film comme celui-ci après avoir vu La Vie d’Adèle . À propos de ce film, j’étais à Cannes en mai 2013, muni de ma caméra Sony Nxcam EA50H qui m’a coûté les yeux des fesses. Pendant le festival, si vous vous promenez dans les rues avec une caméra, tout vous est permis. Alors qu’il est si difficile de seulement faire glisser l’objectif sur des inconnus dans d’...

Ça branlait dans le manchot

La Marche de l’empereur (2005 France). Mon fils et moi sommes allés voir ce documentaire au cinéma Spegeln à Malmö, mon cinéma préféré. J’ai longtemps été membre de l’association. Cela me permettait de voir des films à l’œil et surtout les opéras du Metropolitan de New-York, en direct. Il ne s’agit pas des pingouins, espèce arctique, mais des manchots empereurs en Terre Adélie. La projection digitale avait des hoquets que le projectionniste ne voyait pas. Heureusement, assis derrière nous, il y avait un vieux monsieur qui, pour le rappeler à l’ordre, se raclait la gorge « Aaaarrrrh ! ». Cela s’intégrait bien à l’action : on aurait dit un phoque léopard affamé. Le plus étonnant c’était le pingouin femelle assis deux rangées derrière : son rire de pingouine fusait dès que les manchots bougeaient, c’est à dire à tout instant du film. Voir ses congénères à l’écran suscite bien sûr l’excitation chez n’importe quel individu de n’importe quelle espèce. Mai...

Je suis roumaniaque

On dit souvent que la roue tourne, or la roue manie aussi. Je veux dire la Roumanie aussi. Elle a tourné à droite avec Antonescu et la Garde de fer, puis à gauche avec Ceaușescu. Et ainsi de suite. C’est tout ce qu’on sait.    J’ai lu le journal de Cioran, joué La Leçon de Ionesco à Oslo, Copenhague et Stockholm ; j’ai vu La Cantatrice chauve rue de la Huchette ; mais l’absurde n’est pas roumain, tout au moins pas chez des auteurs francophones. Je connais quelques bons films de Mihaileanu ( Vas, vis, deviens – 2005) mais ils n’ont rien de roumain, ceux de Negulesco encore moins. Negulesco c’est cet immigré, artiste à Paris, réalisateur à Hollywood, remplacé par Huston sur le tournage du Faucon Maltais et auteur du piquant How to Marry a Millionaire (1955) avec Bacall, Monroe et Grable en chasseresses sans vergogne. J’ai aussi vu plusieurs fois Gadjo dilo (1997) la perle de Tony Gatlif avec la Roumaine Rona Hartner mais il s’agit du monde des tziganes plutôt que celui ...

Copieuses rations d’explorations

J’adore les films relatant les aventures des grands (et des petits) explorateurs. Ils sont eux-mêmes une exploration, et si je les découvre par hasard, lors d’une de mes explorations sur la toile, mon plaisir est double. Je vous recommande   Die Vermessung der Welt (2012) de Detlev Buck, la mesure du monde, tiré du best-seller de Daniel Kehlmann (2005) intitulé Les arpenteurs du monde dans l’édition francophone. Si j’ai été plutôt déçu, malgré une très belle photo, par le film norvégien Kon-Tiki sorti la même année, j’ai retrouvé son esthétisme dans Die Vermessung, encore enrichi de trouvailles visuelles à la Gilliams. Cette double histoire de Humboldt et de Gauss propose une exactitude historique qui ne sacrifie pas au compte-rendu et qui s’habille d’humour. Le film est intelligent et n’a pourtant pratiquement pas été récompensé. Ce sont donc les parcours de l’aristocrate Alexander von Humboldt, le plus grand explorateur de la première moitié du XIX e siècle, et du plébéi...

Grant acteur ?

Hugh Grant est né exactement deux mois avant moi et, pendant que j’errais dans les ruelles de l’anonymat, il connaissait la gloire sur les boulevards de la comédie. Du milieu des années 90 jusqu’au milieu des années 2000, lorsque nous étions tous deux dans la fleur de l’âge, Hugh jouait le célibataire bobo dans des comédies tour à tour médiocres et originales pendant que je me tapais Arlequin dans Marivaux ou Trielle dans Courteline devant un public à peine consentant, des lycéens pour la plupart. Ainsi va la vie, perfide et courte. Gosh ! J’aime bien Hugh Grant. Il partage ce style british avec Colin Firth, né le jour suivant, et Rupert Everett né l’année précédente. Non point le style british pour déclamer du Shakespeare comme l’ont fait tous les acteurs anglais de l’ancienne génération, Olivier, Guinness, Redgrave, ou Brannagh dans la nouvelle. Non pas le style british pour faire dans l’absurde flegmatique comme Cleese ou dans le flegme pugnace comme Caine ou Connery. Non...

Coquines cuculs et dévhotes

Le French Porn est paraît-il assez prisé aux États-Unis. On se demande pourquoi les Américains lui donnent cette épithète : les filles viennent de l’Est, c’est en tout cas ce que j’ai lu chez Van Caulewaert car moi, je ne demande pas les passeports, en plus je ne regarde jamais de porno, juré. Nonobstant, ce n’est point de cela dont je voudrais vous entretenir.   Même hors porno, les Américains disent du cinéma français que c’est toujours «  who fucks who  ». Pourtant il n’y a pas que les grenouilles qui aiment la cuisse ; sur la côte Est, Woody Allen fait aussi dans le qui-baise-qui, et Spike Lee, quoique qu’il fait souvent dans le «  don’t fuck with me  »… et sur la côte Ouest, il y a Lisa Cholodenko, moins subtile qu’Allen, moins anguleuse que Lee, moins « racée », plus grand-public. Les Américains n’y connaissent donc pas grand-chose en « qui-baise-qui » et les plus instruits apprécieront un air de Gainsbourg sur les...