Petits voleurs, grosses récompenses
Malgré mes opinions anarcho-proudhonistes affichées ; malgré les séjours partagés avec la famille du Rainbow dans le désert marocain, les montagnes macédoniennes et les forêts portugaises ; malgré mon goût démesuré pour tout ce qui est gratuit (et la litote), en somme malgré moi, j’ai horreur qu’on me pique mon larfeuille. Mais à l’écran, je vénère les voleurs, surtout les petits. Le réalisme social au cinéma, de Chaplin à De Sica, met souvent en scène des enfants acculés au vol. Y a-t-il un meilleur plaidoyer pour la justice et la prévention que la délinquance juvénile ? D’autres réalisateurs ont repris le flambeau. On pense à Ken Loach ( Kes – 1969 – deux Bafta film awards), à Andrea Arnold ( Fish Tank -2009 – 21 récompenses - loachien), aux petits criminels du Philippin Brillante Mendoza (une cinquantaine de distinctions), aux frères Dardenne bien sûr ( Le Gamin au vélo – 2010 - Prix du jury à Cannes), à la formidable prestation de Charlotte Gainsbourg dans...