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Visar inlägg från juni 3, 2019

Petits voleurs, grosses récompenses

Malgré mes opinions anarcho-proudhonistes affichées ; malgré les séjours partagés avec la famille du Rainbow dans le désert marocain, les montagnes macédoniennes et les forêts portugaises ; malgré mon goût démesuré pour tout ce qui est gratuit (et la litote), en somme malgré moi, j’ai horreur qu’on me pique mon larfeuille. Mais à l’écran, je vénère les voleurs, surtout les petits. Le réalisme social au cinéma, de Chaplin à De Sica, met souvent en scène des enfants acculés au vol. Y a-t-il un meilleur plaidoyer pour la justice et la prévention que la délinquance juvénile ? D’autres réalisateurs ont repris le flambeau. On pense à Ken Loach ( Kes – 1969 – deux Bafta film awards), à Andrea Arnold ( Fish Tank -2009 – 21 récompenses - loachien), aux petits criminels du Philippin Brillante Mendoza (une cinquantaine de distinctions), aux frères Dardenne bien sûr ( Le Gamin au vélo – 2010 - Prix du jury à Cannes), à la formidable prestation de Charlotte Gainsbourg dans...

De l’art ou du cochon

Ce serait plutôt le titre d’un article sur Francis Bacon. Mais après tout, il en va de tous les arts comme du septième, on est si peu certain de la valeur des œuvres contemporaines qu’on hésite à encenser ou balancer son porc.  Boogie woogie ( 2009) Duncan Ward. Comédie noire et corrosive. Le milieu de l’Art londonien nous est présenté à travers une « galerie » de portraits interprétés notamment par Stellan Skarsgård, Dany Huston et Gillian Andersson. Des personnages sans scrupules obsédés par l’argent, la réussite et le sexe, c'est-à-dire une seule et même chose à l’exclusion de toute autre, y compris l’Art. Si le film évoque Solondz par son ton acerbe, il n’en a pas l’efficacité, sans doute parce qu’à exagérer son mépris, on lui retire de sa pertinence. Parfois on touche juste mais souvent le trait est forcé à la limite du décrochage. Du coup, le suicide de l’un des protagonistes, révélé à la fin du film, n’a ni la dimension dramatique ni la brutalité qu’il...

Hébétés habituels

Aux antipodes de la comédie romantoc, survolée dans un précédent article, se trouve le genre hybride de la peinture de mœurs amoureuses, tantôt à l’humour désespéré, tantôt légère et venimeuse. Hybride parce que drôle et grave à la fois ; parce que le rire du spectateur lui reste souvent dans la gorge. Ce n’est ni un drame comme La femme d’à côté (Truffaut – 1981), ni une comédie purement satirique comme Divorzio all'italiana (Germi – 1962), ni le récit d’un naufrage philosophique comme Persécution (Chéreau – 2009), pas davantage le procès-verbal de l’incontournable comme 5X2 (Ozon – 2004 – sur la musique de Paolo Conté !). Elle oscille sur un fil tendu entre comédie et tragédie sans tomber ni d’un côté ni de l’autre, du moins jusqu’au dénouement, de ce fait plus fidèle à la réalité commune. Ce que l’on perçoit d’abord comme une hésitation est le sentiment de l’absurde dont nos quotidiens ordonnés nous protège mais que la métonymie du cinéma, ou sa parabole, nous force...