La Corée à la curée
Dans mon excellent article Avec les yeux de Le Clézio, je m’étonnais un tantinet et à tort que le grand auteur entrevoit en Corée le nouveau souffle du septième art. Nous étions à l’entrée du XXI ème siècle. Certes, il y a bien eu une nouvelle vague coréenne menée par Im Kwon-taek à la fin des années 90, un essor vigoureux comparable à ceux du cinéma allemand des années 20 ou de l’Italie et du Japon d’après-guerre. Oui, il existe une inventivité et une esthétique propres aux films coréens. Mais dans la profusion des films, et dans un pays encore écartelé, nombreuses sont les œuvres marquées au fer d’un passé toujours présent (c’est pas beau ça ? on dirait du de Gaulle). Le cinéma sud-coréen se laisse souvent tenter par un ton propagandiste et une violence extrême. Les films de guerre suppurent un héroïsme sanguinolent, amphigourique et masochiste et des relents de déchirure fratricide implacablement cornélienne. Et les thrillers débordent tout autant d’hémoglobine. En g...