Ne tombez pas dans le gay tapant


L’inconnu du lac (2013) Il y a un lac, un sous-bois et des homos. Un film sur des gays qui se rencontrent autour d’un lac ou dedans. L’un d’eux est un assassin, un autre est un gros homo dilettante, un autre un flic sans personnalité et le personnage principal, qui joue honorablement, a l’air de s’emmerder à mourir, exactement comme le public hétéro et même le public zoophile. Le seul comique de l’affaire est un type qui essaye de se masturber en regardant les autres dans leurs ébats. Pas facile d’être homo, soit ; pas facile de se taper une tarlouze au bord d’un lac, certes ; mais surtout pas facile de se taper un film comme celui-ci après avoir vu La Vie d’Adèle. À propos de ce film, j’étais à Cannes en mai 2013, muni de ma caméra Sony Nxcam EA50H qui m’a coûté les yeux des fesses. Pendant le festival, si vous vous promenez dans les rues avec une caméra, tout vous est permis. Alors qu’il est si difficile de seulement faire glisser l’objectif sur des inconnus dans d’autres circonstances, ici c’est tout le contraire. Les badauds se précipitent devant votre appareil comme des bouts de ferraille sur un aimant. À Cannes, chacun est une star. J’ai interviewé les gens de la rue et filmé quelques célébrités de près, notamment Kechiche et Exarchopoulos. Ils ont bien mérité la palme, d’autant plus que les films en compétition faisaient piteuse mine. La caméra de Kechiche (d’une valeur supérieure à la mienne, n’en doutons pas) suit Exarchopoulos de très près, en close-up, tout au long de l’histoire. De ce fait, les itinéraires psychologiques du personnage sont dévoilés sans que l’on ait besoin de dialogues explicatifs. En ajoutant à cela un style naturaliste, au sens où l’action est montrée crument, comme les scènes de copulation, de baisers ou de disputes, Kechiche surpasse Varda dans le  réalisme volontaire et rejoint Zhangke Jia, non pas dans le sordide mais dans l’inéxorable.  

À l’opposé de la Pédale du lac, de l’autre côté du lac Léman où paraît-il, il est fréquent de dire sur un ton traînant « y a pas l’feu au laaac », on trouve Garçon stupide (2004) du Suisse Lionel Baier. « Quand tu montes sur une chaise, tu regardes la pièce depuis la chaise, tout est différent. Être amoureux c’est comme monter sur une chaise ». Le film est bon et beau, sans apprêt, sincère. Les transitions sont élégantes, sans accroc. « C’est peut-être la vie qui en a décidé comme ça » « La vie, c’est bien qu’on la force un peu, elle est pas toujours pleine de talent, la vie, des fois elle se trompe un peu. » Un garçon homo vit chez une copine qui est amoureuse de lui. Lui baise tous les mecs qu’il rencontre, à la recherche de lui-même. Il est plein de ses rêves chimériques. Elle est réaliste et patiente. Il lui raconte ses aventures sans ménager ses sentiments. Il est d’une franchise obscène, contradictoire et parfois stupide. Elle se suicide.
Pendant que vous y êtes (et même si vous n’en êtes pas) allez revoir l’un des chefs d’œuvre de Ang Lee Broke Back Mountain (2005). Ça ne se passe pas au bord d’un lac mais dans les montagnes. Ce ne sont pas des glandus contemporains mais des cow-boys des années 50. Magnifique et bouleversant.

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