Troque trois traqueurs contre un treck en tricot
The Tracker (1988) HBO a embauché John Guillermin,
réalisateur de The Towering Inferno
(1974) et le King Kong (1976) avec
Jessica Lange, pour ce téléfilm sans qualités ni défauts notables sinon le
manque d’humour. Kris Kristofferson poursuit un gang de salopards et en profite
pour éduquer son protégé sur l’art du dessoudage. Quelques chasseurs de prime
et bandits passent à la casserole. À la fin, Kristofferson se fait descendre.
Il arrive toujours un moment où le traqueur trinque, c’est connu. Voyez Heaven’s Gate (1980) du génial Michael
Cimino. Kris était plus en forme. Maintenant, allons voir comment ça se passe
chez les Australiens et les Néo-Zélandais.
The Tracker (2002). Rolf de Heer, auteur du formidable Ten Canoes (2010), a obtenu une
quinzaine de récompenses pour ce récit de chasse à l’homme dans l’Outback
australien des années 20. Trois cavaliers blancs (au sens ethnique et non
symbolique) se lancent sur les traces d’un aborigène accusé du meurtre d’une
femme, blanche… faut pas plaisanter avec ça. Ils sont guidés par un vrai
tracker, David Gupilil (toujours lui, l’acteur aborigène le plus employé) au
bout d’une chaîne tenue par Gary Sweet, un fanatique raciste et violent malgré
le nom de son interprète, un traqueur détraqué qui finira mal. La musique est
d’Archie Roach, le Johnny Cash aborigène : « How can we be ever free if we let the white man be? » et les
vignettes colorées, évoquant l’art primal de ces latitudes, sont de l’artiste
Peter Coad. Ces particularités font du film un objet de curiosité mais ne le
hissent pas au niveau des autres œuvres de De Heer. Notez l’excellent Gary
Sweet, héros de la mini-série The
Battlers (1994) une sorte de Grape of Wrath australien à partir du roman de
Kylie Tennant. J’ai vu ça à mon arrivée en Suède ; depuis, j’ai traqué la
série pour la retrouver, en vain.
Tracker (2010). Sans article défini, le film perd ses
contours. L’histoire aurait pu être palpitante. Un vétéran Boer, Ray Winstone,
arrive en Nouvelle-Zélande. Il n’aime pas les Anglais mais il accepte contre
rémunération de traquer Temuera Morrisson (One
Were Warriors - 1994) accusé d’avoir tué un soldat de sa Majestée. Paysages
magnifiques, récit un peu bancal. Après une poursuite de longue haleine, Winstone
capture Morrisson qui se libère et le neutralise à son tour, mais celui-ci le
recapture et ainsi de suite si bien que l’amitié naît entre les deux hommes,
probablement excités par ces jeux sado-mazochistes. Par un subterfuge digne
d’un scénariste cocaïnomane, Winstone fait passer Morrisson pour mort auprès
des Anglais. Il leur montre un doigt du Maori. Le plan final révèle qu’il s’est
lui-même tranché un doigt. Le traqueur est un truqueur. Mais franchement, s’ils
croient me faire avaler ça, ils se mettent le doigt dans l’œil.
Je vous donne les titres de deux chasses à l’homme mémorables dans les
grands espaces cinématographiques. Bronson échappe finalement à Marvin,
traqueur tranquille, dans Death Hunt
(1981) un film de Peter Hunt, le bien nommé. Clancy Brown n’échappe pas à Sidney
Poitier, traqueur truculent, pourtant absent depuis 10 ans quand il fait son
come back dans Shoot to Kill (1988)
de Spottiswood. Il me manque un traqueur tronqué, genre cul-de-jatte, c’est
rare. Et un traqueur très cool, genre qui fait mine de traquer mais qui en
réalité fait un treck peinard en tricot de corps. Je vous laisse, j’ai la
trique.
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