Edgerton donne le ton


Evelyn, ma copine allemande qui parle anglais comme une saucisse de Francfort, dit toujours « capaticity » au lieu de « capacity ». C’est charmant, ça fait penser à l’Inde, chapati in the city… Hé bien justement, à propos d’Inde et de city, en 2009, Joel Edgerton a tenu le premier rôle dans deux films « City ». Comme transition torsadée, on ne peut faire mieux.

« Mrs Bens, it is very important not to indulge in excessive lamentations. It could affect the full transitions of your daughter into the heaven’s worlds » C’est ce que dit Krishna, serviteur et ami, à une avocate Australienne venue avec son compagnon rencontrer pour la première fois l’enfant qu’il ont adopté, et qui vient de mourir de la tuberculose. Cette phrase résume les philosophies indiennes : les lamentations ne sont point utiles aux morts tandis que les transitions et les mondes célestes sont pluriels. Deuxième long-métrage de Claire McCarthy, The Waiting City raconte les quelques semaines d’attente à Calcutta d’un couple, Radha Mitchell et Joel Edgerton, pour une adoption. Chocs culturels, crises conjugales - Radha prend tout en charge - rencontre et mort de l’enfant, crise existentielle, nouvel élan du couple… Un beau film écrit par la réalisatrice, probablement à partir d’une expérience vécue. La belle Radha, complètement athée, est mystique dans son désespoir mais qui ne le deviendrait pas en Inde ? Le pays est dépeint par petites touches simples et réalistes – on est loin du Photoshop à la Hallström – les mendiants, les maisons vétustes, les prières, les noces… seul le train n’est pas aussi bondé qu’il devrait l’être. La musique omniprésente, indienne et belle, accompagne bien les aventures de ces deux acteurs splendides au pays des mille cultures. Je crois que j’avais déjà vu une partie de ce film. Prix du public des Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes 2010 (St Tropez voulait son festival, elle l’a eu en 1998), Imdb oublie de mentionner le prix de la meilleure actrice pour Rhada Mitchell. Le générique de fin rend hommage aux victimes de l’attaque terroriste sur Mumbaï, par laquelle les familles des membres de l’équipe de tournage ont été affectées. On peut aussi revoir Calcutta dans un autre film « city » City of Joy (1992) de Joffé à partir d’un roman de Dominique Lapierre.
Dans Separation City, nous sommes entre Berlin et Wellington – le film est néo-zélandais – et les mésaventures conjugales d’un couple en particulier et de plusieurs couples en général. Un film conventionnel dans son propos et qui jongle un peu maladroitement entre comédie adolescente (l’épisode de la capote usagée projetée sur la table ministérielle), drame conjugal (Edgerton et Rhona Mitra sont très sérieux dans leur rôles et en voix off) et opus moraliste : on croit être amoureux de quelqu’un d’autre mais on ferait mieux de rester avec la mère de ses enfants, parce que le bonheur ailleurs c’est une illusion. Il y a les éjaculations précoces d’Edgerton, les avis sentencieux de son meilleur ami, les grossièretés d’un paysan, les bourdes d’un ministre, les impertinences de l’artiste Kretschmann, une courte apparition de Lauren Taylor (Eagle vs Shark - 2007) et quelques très belles images de la côte néo-zélandaise. C’est propret dans la cinématographie comme dans les idées. Pour le coup, on est en plein Hallström. Laissez ce mélange de côté, allez plutôt en Inde : il en va des cities comme des femmes, les plus maquillées sont rarement les plus belles.

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